À New York, Eldor Aripov a présenté des propositions visant à renforcer la coopération internationale en matière de climat
La 37e Rencontre de haut niveau du Centre international Nizami Ganjavi s’est tenue les 23 et 24 septembre au Club de Harvard à New York. Organisée en marge de la la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, cette réunion a été consacrée au thème « Restaurer la confiance, la coopération et la stabilité mondiale au nom d’un avenir commun ».
L’événement a réuni des chefs d’État et de gouvernement en exercice et anciens, des représentants de l’ONU et de plusieurs organisations internationales, des parlementaires, des universitaires et des experts, des représentants du monde des affaires. Parmi les participants figuraient les présidents actuels de la Lettonie et du Monténégro, ainsi que d’anciens présidents et Premiers ministres de Bulgarie, de Croatie, de Serbie, de Slovénie, de Finlande, de Bosnie-Herzégovine, d’Autriche, du Royaume-Uni, de Belgique, de République tchèque, de Roumanie, de Grèce et d’autres États
L’Ouzbékistan y a été représenté par le directeur de l’Institut d’études stratégiques et régionales auprès du Président de la République (ISMI), Eldor Aripov.
Cette rencontre a constitué une plateforme de dialogue et d’échange sur les questions liées à la coopération internationale, au développement durable, à la sécurité climatique et énergétique, ainsi que sur le rôle des technologies numériques dans la gouvernance mondiale.
Prenant la parole lors de la session consacrée à la coopération climatique dans le contexte d’une fragmentation mondiale, Eldor Aripov a souligné que le changement climatique renforce l’interdépendance des États, au fond de mutations et de divisions politiques croissantes.
Selon lui, les défis climatiques constituent non seulement une source de risques, mais deviennent aussi un important moteur de la coopération régionale. Cette réalité est particulièrement visible en Asie centrale, où les sécurités hydrique, alimentaire et énergétique sont étroitement reliées.
Selon les données citées par le directeur de l’ISMI, la température en Asie centrale augmente deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Au cours des six dernières décennies, la superficie des glaciers a diminué d’environ 30 %. Or, les glaciers jouent un rôle essentiel dans la formation de près de 90 % des ressources en eau de la région centre-asiatique. Ils alimentent l’Amoudaria et le Syrdaria, deux principaux fleuves de la région dont dépendent l’agriculture, le secteur énergétique et la vie de millions de personnes.
En outre, la croissance démographique et économique accroît les besoins en ressources. Selon les prévisions, la population de l’Asie centrale devrait atteindre 100 millions d’habitants d’ici 2050. La demande en eau, en produits alimentaires et en énergie continue d’augmenter, alors que le changement climatique rend leur disponibilité moins prévisible.
Revenant sur les moyens de relever ces défis, Eldor Aripov a souligné l’importance de la coopération régionale. Comme il a expliqué, l’ONU définit des objectifs climatiques communs, mais leur réalisation nécessite de tenir compte des particularités de chaque région. Cela revêt une importance particulière, car la préservation des bassins fluviaux et des systèmes glaciaires, qui s’étendent sur plusieurs États, est impossible sans des efforts concertés.
L’expert ouzbek a également accordé une attention particulière au financement climatique. Il a rappelé que le soutien international est largement axé sur des pays ou des projets individuels, alors que les risques climatiques touchent à la fois plusieurs États.
Dans ce contexte, il a appelé à développer des instruments financiers destinés à des projets conjoints portant sur la préservation des ressources naturelles et l’adaptation au changement climatique. Selon lui, une telle approche permettrait de prendre en compte les intérêts de tous les pays dépendant de l’état d’un bassin fluvial commun.
Le directeur de l’ISMI a qualifié l’adaptation au changement climatique d’une principale priorité. Selon lui, parallèlement à la transition énergétique à long terme, les pays en développement doivent répondre aux besoins quotidiens importants : assurer l’accès des agriculteurs à l’eau, sensibiliser les populations aux inondations et aux sécheresses, préserver et augmenter les sources de revenus.


À la fin de son intervention, Eldor Aripov a souligné que les divergences géopolitiques ne doivent pas paralyser la coopération internationale. La gestion des ressources en eau, le suivi environnemental et l’adaptation aux changements climatiques doivent demeurer des secteurs de dialogue continu.
UzA