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06.03.2015 19:17

Voeux de la femme la plus vieille du monde

Voeux de la femme la plus vieille du monde

Que la paix, la tranquillité et l’abondance demeurent toujours dans notre pays ! Ce sont les souhaits de Tuti-momo, de Turtkul (au Karakalpakistan), la femme la plus âgée du monde, qui fêtera bientôt ses 135 ans.

La plus vieille femme du monde, témoin de trois siècles, qui aura bientôt 135 ans, Tuti-momo Yusupova habite dans le district de Turtkul au Karakalpakistan.

Tout le monde, jeune ou adulte habitant à Turtkul, un aul situé au bord de l’ancien Jihoun, la traite avec considération, lui exprime son estime et son hommage et veut recevoir sa bénédiction avant de commencer toute bonne affaire.

« Nous allons chez momo et recevons sa bénédiction avant de nous rendre en voyage, de nous mettre à construire un bâtiment ou d’organiser des célébrations de mariages et des fêtes familiales, dit le président de la réunion civile de Turtkul, Ikrom Bekniyozov. C’est une tradition que nous suivons depuis des années. Il n’est pas possible que ce soit autrement dans notre aul où vit la femme la plus âgée du monde. Dans notre aul, plus de seize mille habitants de nationalités diverses vivent l’unité, en bonne intelligence et en prospérité. »

« Il y a toujours des invités dans cette maison, dit la conseillère à l’aksakal local, Gulbahor Umarova. Ceux qui se rendent visiter momo (« grand-mère »), qui désirent se faire plaisir en parlant avec elle et qui s’intéressent à connaître le secret de la longévité sont nombreux. Même les représentants de l’Organisation mondiale de la Santé sont arrivés la visiter. »

Tuti-momo, assise à la place la plus honorée dans le salon de la maison aménagée de façon moderne et avec goût, s’est levée de sa place à notre accueil. Dans le monde actuel où l’humanité s’efforce de connaître les secrets des 100 ans, l’accueil débout de la femme de l’âge tellement avancé et ses vifs mouvements peuvent étonner toute personne.

La vieille dame a commencé à feuilleter les pages de son cahier de vie et à voyager dans le long passé après nous avoir salués et avoir connu le but de notre visite.

« Mon père s’appelait Tojiboy et ma mère Ouljon, a-t-elle commencé son histoire après un instant de silence. Dans la famille, nous étions trois enfants, un fils et deux filles. Moi, j’étais la plus ainée, qui aidais toujours maman pour le ménage. Maman avait pris sur ses épaules toutes les tâches de la famille et le souci de notre éducation puisque nous avions perdu notre père, très tôt, quand nous furent très petits. Alors, dans le village, nous ne gagnions la vie que grâce à notre jardin, où nous cultivions pour seulement notre nourriture… »

En se souvenant de son enfance insoucieuse et des années de sa jeunesse, la dame a eu soudain de la tristesse dans ses yeux : elle a vécu et souffert les jours lourds de toutes les deux guerres mondiales.

« J’avais déjà deux enfants quand la première guerre mondiale a commencé, dit la grand-mère avec une douleur. Ma tête a vu les difficultés complexes de l’époque… Que dire ?... Mais je n’ai jamais fui le travail. J’ai travaillé dans des champs, j’ai aidé à creuser des aryk, j’ai cueilli le coton… Je ne me suis pas arrêtée. Je bougeais tout le temps, c’est peut-être grâce à cela que je n’ai jamais eu affaire au médecin. »

« L’état de santé de notre momo est bon, dit la médecine responsable du point médical local Khonsuluv Safarova. Je me rends chez elle de deux à trois fois par semaine pour mesurer sa tension artérielle et me tenir au courant si elle va bien. Elle a des coups de cœur en norme, comme chez les gens de l’âge moyen. Elle est en forme. Que Dieu la protège du mauvais œil. »

Le cahier de vie de Tuti-momo est riche en mémoires. À toute question touchant toute époque, elle répondait en songeant un peu et commençait à raconter des histoires dont elle fut témoin elle-même. Elle appelait à être toujours honnête, à rester toujours pur et à ne pas violer tout ce qui appartient à l’autrui.

Contente des jours actuels, la vieille dame a ouvert ensuite ses mains pour le dou’a, donner donc sa bénédiction : « Mes enfants, tout d’abord, remerciez de la paix. Il faut la valoriser. Le premier des dons donnés à l’humanité est la vie, le deuxième est la paix. Je n’ai jamais vu autant d’abondance et de liberté qu’aujourd’hui. Je me vois ravie de l’aisance et de la prospérité dans notre pays. Mille fois merci à notre chef d’État, qui est à la tête de toutes ces bonnes affaires. Récemment, mon arrière-petit-enfant m’a lu le décret que le président a publié pour prendre soin de nous, les vieux. Je remercie Dieu qu’il nous a fait venir jusqu’à ces jours radieux.

« Vivez propres. Remerciez de tout ce que vous avez en vous. Soyez toujours en action. Ne vexez personne sans raison et ne faites pas de mal aux autres, car le cœur est très sensible, disait-elle. Mes enfants, valorisez ces jours prospères et bienfaisants, vivez dans l'unité. L’abondance est là où il y a l’unité. Que la paix, la tranquillité et l’abondance demeurent toujours dans notre pays ! » 


Par Aminbay Artikbaev. Photo de Maksad Khabibullaev. OuzA